“Qu’il me soit fait selon ta parole”. Voici la réponse de la Vierge Marie à l’annonce de l’Ange qui lui révèle que d’ici peu elle enfantera Jésus, qui sera le Fils de Dieu et Dieu lui-même. Cette réponse est le thème de notre pèlerinage.

Nous sommes en droit de nous demander, ce oui de la vierge Marie peut bien avoir en rapport avec le martyre du Bx Noël Pinot.

Tout l’enjeu de notre pèlerinage cette année, c’est la confiance. Je souhaite profondément que cette démarche spirituelle de marcher sur les pas du Bienheureux Noël Pinot vous apporte la confiance.

Parce qu’il en faut de la confiance pour mettre ses pas dans les pas d’un autre. Avez-vous déjà essayé, en randonnant dans les bois de marcher exactement dans les pas de celui qui vous précède ? Parfois cela va très vite, parce que celui qui précède a de plus grandes jambes. Mais la difficulté c’est que vos yeux sont fixés sur l’empreinte de celui qui est devant et vous n’avez aucune connaissance de ce à quoi ressemble le chemin. On se contente alors de marcher simplement en faisant une entière confiance en celui qui nous précède quant à l’état du chemin et quant à la destination finale.

Voilà, chers amis ce qu’est un pèlerinage : c’est l’image de notre vie. On marche jusqu’à la destination finale, le ciel, le royaume de Dieu.  Et nous chrétiens, catholiques, nous sommes invités à marcher vers le ciel en suivant le Seigneur Jésus.

Aujourd’hui encore et sûrement plus que jamais, nous devons avoir confiance. Confiance en Dieu : oui. Mais aussi confiance dans l’Eglise. C’est-à-dire dans ce qu’elle nous a transmis et ce qu’elle nous transmet depuis la fondation de l’Eglise par Jésus, l’Evangile et son interprétation. Quel rapport avons-nous à l’Eglise ? Bien souvent j’entends des chrétiens me dire : « l’Eglise a dit ceci, l’Eglise est contre cela ». Or, l’Eglise, c’est VOUS ! Non seulement les évêques et les prêtres, mais l’ensemble des fidèles du Christ. Notre confiance en l’Eglise ne doit pas être aveugle, non ! Mais provoquer en nous un assentiment, une adhésion d’amour, de foi, d’intelligence et de volonté. Car en réalité, l’Eglise est une institution divine, c’est-à-dire qu’elle est voulue et dirigée par Dieu lui-même. L’Eglise c’est l’épouse du Christ. Et l’Eglise dit à chaque instant à son époux « qu’il me soit fait selon ta parole ».

En un certain sens, c’est ce que fit Noël Pinot. En premier lieu, le oui a pris effet à son baptême. C’est en cela que sa figure ne rejoint pas seulement le clergé mais l’ensemble des fidèles. A son baptême, il a été plongé dans la mort et dans la résurrection du Christ. Et nous aussi à notre baptême. Puis il a dit oui à sa communion puis à sa confirmation et encore à son ordination le 22 décembre 1770.

 

Toute la question de la confiance est exactement ce qui se vit, ou doit se vivre à la messe. Par exemple au moment des Lectures.

Lectures

Croyez-vous que l’Evangile peut changer votre vie ? Croyez-vous qu’il puisse vous guérir de ce qui vous tourmente ? Je vous le redis, comme Dieu nous le dit au livre d’Isaïe : ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission.

Combien de fois ai-je entendu des chrétiens me dire « oh, vous savez, moi Dieu ne me parle pas ! »

Eh oui c’est certain. Imaginez qu’un ami vous téléphone. Vous décrochez, mais vous baissez le volume. Vous plaindriez-vous qu’il ne vous parle pas ? Non. C’est la même chose.

Si un ami vous écrit chaque mois et que vous n’ouvrez jamais la boite à lettre, vous plaindriez-vous qu’il ne vous parle pas ? Non, c’est la même chose.

On ne peut pas dire que Dieu ne nous parle pas si nous refusons de lire, de méditer et de savourer Sa Parole. Parole qui, je le rappelle, ne revient pas à Dieu sans résultat sans avoir accompli sa mission.

Un Cardinal, l’archevêque de Manille disait dans une interview en substance : « j’ai peur d’ouvrir ma bible ». Vous rendez-vous compte ? Un Cardinal ! Mais pourquoi avait-il peur ? Il poursuivait en disant : j’ai peur d’ouvrir ma bible parce que je sais qu’elle va m’inviter à la conversion, et que la conversion est difficile.

Oui on est si bien dans notre petit monde, ce petit monde où nous avons la main mise sur tout, où nous pouvons tout contrôler. Là encore le Seigneur requiert de nous ceci : la confiance.

Et tant que nous ne serons pas convaincus que le Seigneur sait mieux que nous ce qu’il nous faut, nous ferons fausse route et serons incapables de faire confiance.

Au contraire, si nous avons un brin de confiance dans le coeur, nous serons alors à l’écoute de sa Parole et nos cœurs seront disposés à la recevoir et à la mettre en pratique.

Imaginez-vous le chambardement que cela a pu être dans le coeur et dans la vie de la Vierge Marie lorsque l’Ange lui a annoncé qu’elle allait être la mère du Très-Haut, que son Fils sera grand, et pourtant qu’elle allait demeurer totalement vierge ante partum, in partu et post partum. Et nous on écoute cet évangile chaque année les pieds croisés avec un paquet de pop corn dans les mains.

Pourtant la Vierge Marie, malgré l’ampleur de l’annonce de l’Ange a répondu par la confiance.

Quelle confiance avons-nous ?

Après le Temps des lectures vient le temps de l’offertoire.

Offertoire

Lorsque Noël Pinot a dit « Oui » à son ordination, il ignorait ce qui l’attendait. Et ce « oui », celui de l’engagement dans sa vocation. C’est un acte éternel de confiance en Dieu et à l’Eglise. Autrement dit, comme tous les saints de l’Eglise, il a signé à Dieu un chèque en blanc. Ce chèque c’est notre vocation, de prêtre, de couple marié, de consacré. La signature c’est notre témoignage. Ce qui reste de nous une fois le chèque encaissé, c’est la signature. La somme elle, c’est notre vie, et elle n’appartient qu’à Dieu.

Qu’importe qu’on soit ordonné, marié, ou consacrés ce qui compte c’est que votre OUI à Dieu soit un acte de confiance éternelle. Ce qui compte c’est que chaque jour, dans votre vocation vous disiez à Dieu : « qu’il me soit fait selon ta parole ! »

La confiance, chez Noël Pinot a pris une ampleur incommensurable. Il a signé de son sang l’Evangile. En plus de sa vie offerte chaque jour en fidélité à sa vocation, il a accepté de signer de son sang l’Evangile afin de nous montrer avec tout son être l’authenticité de la Parole de Dieu. Arrivé à l’échafaud, il a continué à faire ce qu’il avait fait chaque jour en célébrant la messe. Il s’est offert lui-même en sacrifice. Et nous, où sommes nous au moment de l’offertoire ? A quoi pensons-nous ? Nous aussi nous devons nous offrir, offrir notre vie avec ses richesses et ses faiblesses avec une infinie confiance. C’est cela le sens de la messe. Ce n’est pas que l’abbé qui offre le sacrifice. Mais nous aussi, nous nous offrons.

Voici ce que disait la Vierge Marie à Catalina au moment de l’offertoire :

Prie ainsi : Seigneur, je T’offre tout ce que je suis, tout ce que j’ai et tout ce que je peux. Je remets tout entre Tes mains. Construis-le, Seigneur, avec le rien que je suis. Par les mérites de ton Fils, transforme-moi, Dieu Tout-Puissant. J’intercède auprès de Toi pour ma famille, pour mes bienfaiteurs, pour chaque membre de ton Apostolat, pour tous ceux qui se battent contre nous, pour tous ceux qui se recommandent à mes prières. Apprends-moi à avoir un cœur accueillant pour eux, pour que leur marche soit moins pénible.  » et la Vierge Marie ajoute : « C’est ainsi que les saints priaient et c’est ainsi que je voudrais que chacun de vous le fasse. ».

Dans la suite de la vision la Sainte Vierge explique ceci

Certains anges transportaient ce qui ressemblait un peu à un bol doré avec quelque chose qui brillait beaucoup, d’une lumière dorée-blanche. Ce sont les Anges gardiens des personnes qui offrent cette messe pour plusieurs intentions, ceux qui sont conscients de la signification de cette célébration. Ils ont quelque chose à offrir au Seigneur. »

A ce moment là il faut offrir nos peines, nos douleurs, nos espoir car la Messe a une valeur infinie. Alors soyons généreux en offrandes et en demandes.

Derrière les premiers Anges, d’autres anges  n’avaient rien dans leurs mains, ils s’avançaient les mains vides. Ces anges sont ceux des personnes qui sont ici mais qui n’offrent jamais rien. Ils n’ont aucun intérêt à vivre chaque étape liturgique de la Messe et ils n’ont aucun présent à apporter devant l’Autel du Seigneur.

À la fin de la procession vinrent d’autres anges qui étaient tristes et avaient leurs mains jointes en prière mais avec les yeux baissés. « Ceux-ci sont les Anges gardiens des personnes qui sont ici mais qui ne veulent pas l’être, c’est à dire des personnes qui ont été forcées de venir ici, qui sont venues par obligation mais sans aucun désir de participer à la Sainte Messe. Rappelons-nous que l’offrande qui plaît le plus au Seigneur est celle où nous nous offrons comme holocauste pour que Jésus puisse nous transformer par ses propres mérites.

Qu’avons-nous à offrir au Père par nous-mêmes ? Absolument rien, néant et péché. Mais notre petite offrande unie aux mérites de Jésus, voilà l’offrande qui plaît au Père. »

C’est tout cela qu’en somme la Vierge Marie a fait lorsqu’elle à dit à l’Ange « Qu’il me soit fait selon ta parole », c’est ce qu’a fait Noël Pinot en arrivant à l’échafaud.

Notre offrande, l’offrande de notre vie n’est pas vaine. Parce que ce qui la constitue au fond, c’est la confiance que nous avons. Nous avons confiance que Dieu, de notre misère peut faire de grandes choses.

Alors, avançons vers l’autel de Dieu avec confiance, une confiance sans cesse renouvelée. Revenons à Dieu de tout notre coeur ! Aujourd’hui si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre coeur.

 

Abbé K-E Labbé


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